La Bourse américaine a montré sa lassitude la semaine passée, les inquiétudes soulevées par des statistiques économiques mitigées incitant les investisseurs à prendre des bénéfices pour préserver les gains réalisés au cours des derniers mois.
L'indice composite du DJIA, principal indicateur de Wall Street, a reculé de 0,42% sur la semaine pour clôturer vendredi à 9.768,68 points mais ce sont surtout les valeurs technologiques de la bourse électronique Nasdaq qui ont souffert des prises de bénéfices, l'indice composite perdant 2,05% à 1.930,26 points.
L'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a baissé de 0,27% à 1.050,35 points.
Le marché obligataire s'est détendu. Le rendement de l'obligation du Trésor à 10 ans, qui évolue en sens inverse des prix, a baissé à 4,233% vendredi contre 4,450% une semaine auparavant et celui de l'obligation du Trésor à 30 ans à 5,061% contre 5,261%.
"Nous avons fait tant de chemin depuis la mi-mars (quand le DJIA évoluait autour des 7.500 points et le Nasdaq autour de 1.280 points, ndlr), que c'est dur de continuer à progresser alors que la fin de l'année approche", a déclaré John Hughes, analyste de la firme Shields and Company.
"Il y a beaucoup plus d'encouragement à protéger les bénéfices après une telle performance qu'à prendre des risques", a souligné M. Hughes.
Pour Hugh Johnson, stratège de la banque First Albany, "quand on voit les prix des obligations monter et ceux des valeurs boursières baisser, c'est que les investisseurs sont préoccupés par certains aspects de l'économie".
"Les inquiétudes sur le ralentissement des dépenses de consommation ont été alimentées (cette semaine) par les prévisions prudentes de Wal-Mart puis par le chiffre des ventes de détail", qui ont progressé moins que prévu en octobre, a estimé Hugh Johnson.
"Cela veut dire que les résultats de sociétés, du moins dans la consommation, pourraient ne pas croître suffisamment pour justifier des cours boursiers élevés. Toutefois la hausse de la confiance en novembre suggère que les dépenses pourraient ne pas trop ralentir", a ajouté cet expert.
Parmi les autres statistiques publiées cette semaine, la production industrielle a progressé moins que prévu, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont augmenté, le déficit commercial des Etats-Unis a continué à se creuser, et la hausse des prix à la production a dépassé les attentes.
John Hughes relève que "pendant six à sept mois, il importait peu les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, le marché montait. Maintenant même avec des chiffres spectaculaires, il a du mal à progresser et en fait on commence même à parler de relèvement des taux", a-t-il dit en faison allusion au chiffre meilleur que prévu de la confiance des consommateurs publié vendredi par l'université du Michigan.
Vendredi, le président de la banque de réserve fédérale de Philadelphie Anthony Santomero a d'ailleurs estimé que les taux d'intérêt aux Etats-Unis ne pourraient pas demeurer indéfiniment au niveau plancher qui est le leur actuellement, même si un relèvement par la banque centrale n'est pas obligatoire dans un avenir proche.
La semaine prochaine, les statistiques seront parsemées sur plusieurs jours avec notamment les prix à la consommation, les ventes de logements neufs, les demandes d'allocations chômage et l'indice d'activité de la Fed de Philadelphie.
"La semaine prochaine va être cruciale. Si nous faisons un nouveau pas en arrière, je pense qu'on pourrait se retrouver en difficulté", prévoit Hugh Johnson, de First Albany, qui estime que le SP 500 est actuellement surévalué de 8%.
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